Boréal Design aurait pu survivre
Marie-Pier Duplessis - Le Soleil - Soumis le 27 Avril 2012, 11:28
(Québec) La cinquantaine d'emplois de Boréal Design auraient pu être sauvés, ne serait-ce que si les financiers avaient accepté de collaborer davantage à la relance du fabricant de kayaks.
Le Soleil a appris qu'un autre joueur, Maïkan Aventure, avait formé un partenariat avec l'entreprise de plastique et de composite Delastek pour remettre en marche les usines de production à Saint-Augustin-de-Desmaures.
Mais leur offre globale étant moindre que celles pour les inventaires et les bâtiments vendus séparément, les créanciers, notamment la Banque de développement du Canada (BDC), n'ont pas retenu leur projet et ont préféré céder les actifs mobiliers à Kayak Distribution, une entreprise basée à Saint-Hubert, qui fait de la sous-traitance à l'étranger.
«Nous autres, on repartait la production telle quelle, à la même place, on repartait la boutique et on repartait les produits Béluga. Puis je vous dirais, selon le sondage qu'on avait fait, les principaux employés de Boréal voulaient revenir avec nous. On était prêt pour une relance, on était vraiment solide, mais les derniers qui ont un peu changé d'idée, il reste que c'est la BDC», affirme Yves Lamothe, propriétaire de Maïkan Aventure, un détaillant d'équipements de plein air à Trois-Rivières.
«Ici, à Trois-Rivières, j'avais mis la BDC au courant du dossier et elle était prête à nous financer sans problème. Je leur disais qu'à court terme, oui, ils feraient plus d'argent [en vendant à la pièce], mais qu'à moyen terme, [notre projet] allait être plus payant en retombées économiques pour le Québec, en impôt sur les salaires, en taxes et en intérêts, poursuit l'homme d'affaires. Je suis sûr qu'en trois ans, ils seraient rentrés dans leur argent.»
Un des anciens propriétaires de Boréal Design, Éric Blouin, appuyait ce projet de relance à 100 % . Sa conjointe, Nathalie Simard, avec qui il a cofondé l'entreprise en 1991, admet également avoir eu une certaine préférence pour ce scénario.
«Est-ce que c'est juste la responsabilité des entrepreneurs de garder les entreprises au Québec, ou si c'est aussi la responsabilité des financiers et de tout le milieu des affaires? se demande Mme Simard. Le potentiel de Boréal Design était encore là. Les raisons de la fermeture, c'est une autre histoire, mais c'était encore très possible de fabriquer des kayaks de façon rentable à Saint-Augustin. Ce n'était pas ça, l'enjeu de la situation», déplore celle qui a quitté ses fonctions et vendu ses parts dans l'entreprise en 2008.
Source: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201204/26/01-4519392-bor... Soumis par: Stéphane Catégorie: Actualités Lectures: 2455
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